Les Palais Royaux

En centre ville, 47 ha sont classés patrimoine culturel mondial par l’UNESCO en 1985.

Traveaux de restauration du palais du fondateur du royaume Huegbadja (2007)

Travaux de restauration du palais du fondateur du royaume Houegbadja (2007)

Le Palais du Roi HOUEGBADJA

HOUEGBADJA, 1645 – 1685, est le fondateur du royaume de Danxomè et de la ville AGBOME. Il descend de la dynastie des règnants de TADO (l’actuel TOGO). Les Guédévis (Yorubas), vivant sur le plateau lui confiait le pouvoir. Il a mis sur pied une administration étatique, une législation et des structures de consultation. Il nommait des ministres, un chef médecin, un chef cuisinier du Roi et un chef culte. Il poursuivit une politique d’expansion, agrandit le royaume jusqu’aux fleuves Zou et Couffo sans faire de guerre, en se basant sur des arrangements avec les autochtones.

Avec ses symboles: le poisson, la nasse, le manche de houe – symboles qui signifiaient qu’il n’entrera pas dans la nasse, qu’il était rusé, et prêt à se défendre.

Le Palais du Roi AKABA

AKABA (1685 – 1708), fils du Roi HOUEGBADJA, tua le chef « Dan » des autochtones Guédévi (Yoruba) vivant sur le plateau, à la suite d’une dispute de terrain. Sur la tombe de « DAN »  il bâtit sa maison DAN-HOME «Dans le ventre de Dan», qui donna le nom au royaume.

La technique de la fusion de fer et l’arme blanche ont été introduites sous son règne, également il invente un nouveau sabre pour décapiter ses ennemis. Il encouragea diverses formes d’artisanat comme la taille des pierres précieuses, la broderie, la poterie et la teinture des tissus. Son Palais abrita le premier bâtiment à étage.

AKABA fit quelques guerres victorieuses mais sans succès contre le Royaume de Porto-Novo. Il trouva la mort lors d’une guerre.

La Reine HANGBE dans le Palais du Roi AKABA

La Reine HANGBE (1708 – 1711), fille du Roi HOUEGBADJA et sœur jumelle du Roi AKABA, accéda au pouvoir après la mort de son frère AKABA et régna trois ans dans son palais.

Elle créa le célèbre corps des amazones, continua la guerre de son frère et défendit le royaume.

Sous la pression énorme de la dynastie royale, qui ne voulait pas accepter une femme sur le trône, elle abandonna.

Le Palais du Roi AGADJA

Le Roi AGADJA (1711 – 1741), surnommé « le grand conquérant», régna pendant la plus grande période de l’expansion du royaume de Danhomè. Il conquit les états voisins : le royaume de Savi (avec la ville et le port de Ouidah) et d’Allada et commença à dominer le commerce des esclaves sur cette côte. Il établit le contact direct de la cour royale avec les européens. Il forma un corps d’élite des guerriers.

Ses rares échecs guerriers étaient contre les Mahi et le Royaume d’Oyo (Yoruba dans l’actuel Nigeria) de qui le Danhomè devint tributaire depuis son départ sur le plateau, qui était peuplé par les Yoruba.

Le Palais du Roi TEGBESSOU

Comme le prince TEGBESSOU faisait parti d’un tribu annuel exigé par les Yoruba d’Oyo (Nigeria), il resta longtemps dans cette ville, mais enfin il se libéra.

Le Roi TEGBESSOU (1741 – 1774) entreprit quelques guerres victorieuses contre les Mahi et Nago, mais il échoua contre les Yoruba.

Sous son règne Ouidha devint un port prospère et la seconde ville du Royaume. Il finalisa AGBODO, le fossé de la ville.

Le Palais du Roi KPENGLA

Le Roi KPENGLA (1774 – 1789) renforça l’armée et conquit des villes côtières, maintenant situé au Nigeria et au Togo. Il renforça encore l’emprise du Danhomè sur le commerce des esclaves.

Il s’employa à agrandir et à consolider les frontières du royaume. Il envoya son armée contre les Hweda, les Ouéménous et les Yoruba de Badagri. Victoires et échecs ont jalonné le parcours de l’armée des Amazones.

Le Palais du Roi AGONGLO

Le Roi AGONGLO (1789 – 1797) s’attela au bien-être de la population par une série de réformes. Il changea le système des impôts, renforça le culte vodun, appuya les arts et réorganisa la structure des métiers d’artisanat. Pendant son règne les décorations désignées sur les murs et piliers des palais se changèrent en bas reliefs, qui complétèrent le langage tambouriné, les chants codifiés et les appliqués sur tissus. Il aimait la musique.

Il ouvrit le Royaume aux missionnaires chrétiens et musulmans.

Il entreprit quelques sorties guerrières en direction de ses voisins, les Mahis et les Ouéménous.

Palais Royal Entré du palais Guezo et Agoli Agbo

Palais Royal entre le palais Guezo et Agoli Agbo

Le Palais du Roi GUEZO

Le Roi GUEZO (1818 – 1858) est considéré comme un grand réformateur. Il réorganisa les structures de l’état et de l’armée, travailla à l’unification du Royaume, et développa surtout la production d’huile de palme dans le contexte d’abolition de l’esclavage. Il entreprit presque annuellement des guerres et libéra finalement le Royaume du tribu d’Oyo. Il donna la permission aux catholiques de bâtir une cathédrale au centre ville.

Au retour d’une guerre avec de lourdes pertes il trouva la mort.

Bas réliefs au Palais Glèlè

Bas réliefs au Palais Glèlè

Le Palais du ROI GLELE

Le Roi GLELE (1858 – 1889), était confronté à l’intervention des européens, qu’il repoussa. Il consolida la suprématie du Danhomè dans la région en menant plus de 30 campagnes militaires. Contre Porto Novo il échoua. Mais en conséquence le Roi TOFFA de Porto-Novo demanda la protection des français.

Le Roi GLELE agrandit « AGBODO » en incluant DIDO, la source de la ville. Il développa des pratiques culturelles comme la musique, les danses et cérémonies rituelles.

Le Palais du Roi GBEHANZIN

Le règne du Roi GBEHANZIN (1890 – 1894) est caractérisé par la défense de la Nation contre la pénétration française, finalement par la guerre de résistance. Après la chute d’Abomey de 1892, il lutta encore 14 mois dans le maquis de la région. Le 27 janvier 1894 il se rendit au Général DODDS dans l’espoir de faire cesser la guerre. Mais il fut déporté en Martinique, plus tard exilé en Algérie ou il mourut en décembre 1906. La construction du Palais DOWOME fut lancé par le Roi GBEHANZIN et terminé par ses descendants à l’occasion du retour de ses cendres au Bénin en 1928.

Le Palais du Roi AGOLI AGBO

Le Roi AGOLI AGBO (1894 – 1900), intronisé par les français, s’établit dans le Palais de son ancêtre KPENGLA en construisant un portail d’entrée spécifique, matérialisé par un baobab, la tête en bas, sur conseil de son devin. Il commença à restaurer le Palais GLELE et GUEZO. Il nomma ses frères comme chefs canton.

AGOLI AGBO ne pourra plus régner comme ses prédécesseurs. Le 29 janvier 1894 le Général DODDS donna lecture public des 16 articles régissant la vie politique dans ce qui reste du Royaume de Danhomè. AGOLI AGBO entra en disgrâce car il prenait son rôle au sérieux. Déchu le 12 février 1900, exilé peu après au Gabon, il revint au Danhomè en 1910, vécu encore 15 ans à Savè, 2 ans à Mougnon avant de revenir dans son Palais Privé à DJEGBE en 1927.

Danceuses Amazones

Danseuses Amazones

La cour des AMAZONES

La reine HANGBE (1708 – 1711) a établi des troupes d’ AMAZONES. Elles ont assuré la sécurité de la cour royale, ont joué un rôle important dans l’espionnage et dans les attaques finales des guerres. Le roi GUEZO (1818 – 1858) a réorganisé cette armée. La cour, plus grande sous GUEZO qu’aujourd’hui, abritait 200 AMAZONES. Elles représentaient 30% de l’armée. Elles étaient recrutées entre 12 à 14 ans et sélectionnées suivant leur corpulence physique dans les villages et centres urbains et parmi des captives de guerre. L’entraînement se déroulait à Zassa dans un ancien palais.

SINBOJI et HWEHONJI

Les deux places étaient au cœur de la vie politique du Royaume, le lieu de rencontre du Roi et de son gouvernement avec la population, un lieu de discours et de cérémonies marquant les victoires militaires, de communion avec les ancêtres,d’hommage aux Rois, de présentation du nouveau Roi au peuple. C’était aussi un lieu d’exécution des décisions de justice et de sacrifice.

Elle arbitrait : AIZAN, vodun protecteur du palais; le LISETIN, lieu de préparation mystique des soldats allant en guerre; le ATOH, estrade pour des sacrifices aux Rois défunts; le tumulus de courage édifié ; la maison du Migan, 1er Ministre; l’APATAM, lieu de palabre des princes ; le puits de Roi GUEZO (creusé par ses amis allemands); le baobab, arbre sacré matérialisant l’entrée du Palais AGOLI AGBO. La place abritait aussi MINTAGO, case jonchée de crânes humains pour impressionner la psychologie des ennemis.

L’ENTRÉE DE LA REINE MÈRE

L’entrée de la reine mère s’ouvre sur le marché AGBODJANNAGAN. Elle fut érigée en honneur de NAN ADONON, épouse HOUEGBADJA (le fondateur du royaume de DANHOME) et mère des rois AKABA (1685-1708), AGADJA (1711-1742) et de la reine HANGBE (1708-1711). A l’intérieur, elle mène à la troisième cours du Palais du roi HOUEGBADJA (1645 – 1685) où se déroulait la vie privée du roi, des princesses et surtout des épouses de roi dont l’effectif avoisinerait quarante à partir du règne d’AGADJA. Celles-ci avaient pour domestiques des hommes castrés.

NANHONDJI : L’ENTREE DES FEMMES

Les épouses de roi et princesses vivaient dans la troisième cour des palais. Elles n’avaient pas la liberté de se promener comme les populations. Chaque fois qu’elles devaient sortir, elles obtenaient d’abord une autorisation d’ADJAHO (ministre chargé de la surveillance des femmes du palais) ou de son représentant. Aussi étaient-elles toujours accompagnées des hommes castrés qui leur faisaient office de domestiques.

L’ENTREE NANHONDJI menait à la troisième cour du roi HOUEGBADJA (1645 – 1685). Elle aurait été érigée par le roi AGADJA (1711 – 1742) pour permettre à ces femmes de se rendre au marché AGBODJANANGAN ou rarement en ville.

VIHONDJI : LE PALAIS DES PRINCES

A partir du règne d’AGADJA (1711-1742), les princes âgés de 10 ans ne pouvaient plus continuer à habiter le palais royal aux côtés des princesses et épouses du roi. Ils étaient alors placés sous tutelle des dignitaires qui leur apprenaient la patience, la maîtrise de soi, un métier etc. Plus tard, GUEZO (1818-1858) restructura le cadre de cette formation en construisant le Palais des Princes (VIHONDJI). Au cours d’une cérémonie, on faisait désormais sortir officiellement les Princes par la porte de FELIADJI. Ils intégrèrent aussitôt VIHONDJI pour y être élevé et éduqué par les maîtres HOUINDOTE et ATINGLI. Ce séjour obligatoire durait 10 ans d’affilée au terme desquelles les princes recevaient chacun une parcelle pour construire. Le Prince héritier bénéficiait d’une formation spéciale.

AGBODJANNAKAN, LE MARCHÉ DES PRINCESSES ET ÉPOUSES DE ROIS

Il n’était pas permis aux populations de dévisager les princesses et épouses de roi. Celles-ci vivaient dans le Palais et se promenaient très rarement en ville. Mais pour leur permettre néanmoins de faire des emplettes, le roi AGADJA (1711-1742) créa le marché AGBODJANNAKAN situé à la devanture de l’entrée des femmes du palais central. On y vend de la volaille, des produits de forges, des objets utilisés lors des cérémonies et rituels, etc. Ce marché abrite une divinité dite AÏZAN dont l’effigie reste toujours à l’air libre pour protéger le site contre l’invasion des mauvais esprits et l’éclatement des événements malheureux.

L’entrée FELIADJI

L’entrée FELIADJI était ouverte par le Roi TEGBESSOU (1741 – 1774). Les fils du Roi qui avaient 10 ans d’âge ne devraient plus continuer de vivre dans le palais avec les femmes. Ils sortaient par cette entrée pour être élevés et éduqués à VIHONDJI.

De même le fils héritier, le VIDAXO, sortait par la même porte pour aller à IFE au Nigeria, qui est le lieu d’origine du Fâ. C’est à IFE qu’on formait les fils héritiers dans le domaine du Fâ, de la lecture, de la langue Yoruba, des instruments de musique et aussi de la patience.

La place TENME

La place TENME était le cimetière des martyrs.

Les grandes personnes de marque, les Ministres, les amis du Roi, les grands Chefs, morts pendants les guerres avaient été amenés et enterrés à TENME.

AGOUWADJI

AGOUWADJI est cet espace qui avait d’abord abrité les forgerons HOUNTONDJI, frères et compagnons des ALLADAXONU depuis TADO (au Togo). Par la suite le bruit des métaux et enclumes perturbait la paix du Roi dans le Palais et ils ont été affectés dans un quartier un peu éloigné, qui porte leur nom : le quartier HOUNTONDJI. L’espace abritait aussi un petit lac appelé AZAZO. Le Roi TEGBESSOU (1741 – 1774) a fait disparaître le lac pour prolonger la muraille.

Le fossé de fortification autour de la cité royale, lieu du militaire

Le AGBODO, le fossé de fortification de la ville

La construction de l’ AGBODO est attribuée au Roi AGADJA (1711 – 1741), elle a donné à la ville son nom « Agbomè », à l’intérieur du fossé. Le Roi GLELE (1858 – 1889) entreprit une extension pour y intégrer la source d’eau de la ville «DIDO». L’AGBODO a une circonférence de 15 km.

Elle fait la ceinture de l’espace qui abritait le pouvoir central du royaume avec 8 portes d’entrées. Fermée par endroit elle demeure encore très expressive sur certains de ses pans : des plantes vénéneuses et des animaux sauvages y vivaient.

CAMP DES AMAZONES DE ZASSA

Le roi AGADJA (1711-1742) construisit ici un palais privé. Autour de lui le quartier ZASSA se créa. Le Roi GUEZO (1818-1858) en réorganisant l’armée transforma le palais en un camp militaire réservé aux AGOODJIE (amazones). Ces femmes militaires dont la troupe fut créée par la reine HANGBE (1708 1711) pour assurer sa sécurité seront désormais regroupées en sept corps spécialisés. Les FANTI, la garde personnelle du roi, les DJEDOKPO le protégeaient lors des guerres. Les GULONENTO s’armaient de fusil, les GOHENTO des archères, les HOUISODJI restant sur le qui-vive. Les NAN AHOUANNANTON étaient les princesses militaires et les NYENKPLOHENTO étaient les faucheuses, préparées à la chasteté. Les hommes qui tentaient de les violer devenaient impuissants. Excepté les chefs suprêmes de l’armée, les hommes n’accédaient pas à ce camp.